La méditation améliore le fonctionnement du système immunitaire
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La méditation

Selon une étude, la méditation améliore le fonctionnement du système immunitaire

PAR JOHN FAUBER
Milwaukee Journal Sentinel

MILWAUKEE - Pour la première fois, on a démontré que la méditation pouvait produire des changements favorables et durables dans le fonctionnement du système immunitaire aussi bien que de l'activité électrique du cerveau, selon une étude de la University of Wisconsin-Madison, rendue publique lundi. Cette étude est la plus récente dans la recherche croissante menée dans le but d’établir un soi-disant lien entre le corps et l’esprit. L’étude consistait à suivre un groupe de 25 employés d’une société située dans la région de Madison, au Wisconsin, qui avait entrepris un programme d'entraînement à la méditation d’une durée de huit semaines.

À la fin des huit semaines, on administra une injection contre la grippe aux employés ainsi qu’à un groupe de 16 autres employés qui n'ont pas suivi l'entraînement à la méditation.

Quand les chercheurs ont testé pour les niveaux d’anticorps au vaccin après un mois et puis deux mois plus tard, les méditants avaient des niveaux de loin supérieurs à ceux des non-méditants. « Certains des changements ont persisté plus de quatre mois suivant la fin du cours formel de huit semaines, » a dit Richard Davidson, un professeur de psychologie et de psychiatrie de l’université et directeur de l'étude.

En moyenne, le méditants avait une augmentation de 5 % dans le niveau des anticorps, mais certains avaient des augmentations allant jusqu'à 25 %, affirma Davidson.

Plus important encore, le niveau des anticorps augmentait de façon directement proportionnelle à l’augmentation de l'activité cérébrale, a-t-il dit.

Des électroencéphalogrammes (EEG) ont été utilisés pour mesurer l'activité cérébrale. Les chercheurs ont trouvé que ceux qui avaient pratiqué la méditation affichaient environ 50 pour cent plus d'activité électrique dans les régions frontales gauches de leur cerveau. D'autres recherches ont montré que cette partie du cerveau est associée aux émotions positives et à la réduction de l'anxiété.

Les conclusions de l'étude seront publiées dans la prochaine édition du journal la Médecine Psychosomatique.

Alors que beaucoup de chercheurs ont supposé que les avantages de la méditation perdurent, ces recherches sont insuffisantes, affirma Andrew Newberg, un professeur-assistant de radiologie de l’Université de la Pennsylvanie qui a fait plusieurs études de « neuro-imaging » impliquant la méditation et la prière.

« Le fait qu'ils (les chercheurs de l’UW) peuvent montrer des changements à long terme ou chroniques ... n'est pas complètement surprenant, mais il est important qu'ils aient été capables de le démontrer, » a-t-il dit. « Ce genre d'étude, lorsque effectuée par des chercheurs de haut calibre sont vraiment ce qui a manqué à la médecine alternative. »

L’entraînement à la méditation pour l'étude de l’UW a été mené par Jon Kabat-Zinn, un auteur chevronné dans le domaine de la méditation qui a développé un programme de réduction du stress au centre médical de l’Université of Massachusetts.

Les sujets de l'étude étaient des employés de Promega, une société de biotechnologie située à Fitchburg, au Massachusetts.

Judith Stevens, une biologiste moléculaire de la société et l’un des sujets de l'essai, a dit que son entraînement l'a aidée à penser plus clairement et à réagir moins émotionnellement aux situations stressantes.

« Ma rage routière a diminuée, » a-t-elle dit, en riant.

Elle a dit qu’elle pratique maintenant la méditation pendant environ 10 à 20 minutes, cinq fois par semaine.

Une faiblesse de l'étude de l'UW est le petit nombre de participants relativement parlant et la faible utilisation des EEG, qui sont considérés comme une mesure relativement grossière du fonctionnement du cerveau.

Néanmoins, les chercheurs savent depuis plusieurs années, que la méditation peut produire des changements à court terme dans l'activité cérébrale. Et des recherches limitées suggèrent qu'elle améliore aussi le fonctionnement du système immunitaire.

Par exemple, une étude datant de 1995 publiée dans le British Journal of Sports Medicine a démontré chez un petit groupe de coureurs, que la méditation pouvait supprimer les effets aigus et négatifs d'un exercice ardu sur le système immunitaire. Une autre étude datant de 1995 publiée dans le journal Psychological Reports a démontré que la méditation, la gestion du stress et l'hypnose pouvaient améliorer la quantité de certaines cellules immunitaires chez des hommes séropositifs.

Au cours des dernières années, la psychoneuroimmunologie, un nouveau champ médical, a émergé et un nombre grandissant de scientifiques étudient la connexion du corps et de l'esprit.

« Les gens sont venus à se rendre compte que vous ne pouvez pas décomposer le corps en ses composantes individuelles, » a dit Newberg. « Vous ne pouvez pas regarder seulement le cerveau et le système immunitaire ou le cœur. Ils communiquent tous l'un avec l'autre."

Par exemple, il est connu que les gens qui sont déprimés ou qui ont des niveaux de tension élevés sont à haut risque pour la maladie du cœur.

L'étude d'UW vient aussi à un moment ou on utilise de plus en plus des pratiques de méditation dans les hôpitaux et les centres médicaux académiques comme thérapie complémentaire pour la tension chronique, la douleur et quelques maladies chroniques.

Il est peu évident que les changements trouvés dans l'étude d'UW signifient que les gens qui méditent sont moins susceptibles à la grippe ou à d'autres maladies. Mais les chercheurs d'UW regardent maintenant les effets de la méditation chez les gens qui souffrent de l'arthrite rhumatoïde et la fibromyalgie, deux désordres de système immunitaire.

En utilisant l'EEG et la résonance magnétique imagée, ils étudient aussi maintenant les cerveaux d'un petit groupe des gens du Népal et de l'Inde qui ont subi des milliers d'heures de pratique de méditation pour voir comment leur cerveau diffère de non-méditants.

« Nous voulons définir les limites extérieures de la plasticité du cerveau humain (l'adaptabilité), » a dit Davidson. « Ceux-ci sont les détenteurs des records mondiaux. »

Plusieurs des sujets ont été recrutés pour l'étude par le Dalaï-lama, le chef exilé du Tibet qui a visité l’UW plusieurs fois, incluant une tournée en 2001 du W.M. Keck Laboratory for Functional Brain Imaging and Behavior, complexe nouvellement ouvert.

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