POUR DES ALIMENTS NON IRRADIES
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Les causes des maladies

POUR DES ALIMENTS NON IRRADIES

L’irradiation des aliments est une technique de la mondialisation : elle sert à assurer leur conservation et leur transport sur de longues distances... ou détriment de la santé et de la vie économique locale ! ! Par Véronique Gallois.

 

 

Véronique Gallais est présidente d'Action Consommation et membre du Collectif français contre l'irradiation des aliments. Composé d'une vingtaine d'associations françaises et européennes, le Collectif invite le consommateur à privilégier les producteurs. .locaux, issus de l'agriculture biologique ; Vous pouvez signer la pétition et consulter le programme de la Semaine internationale contre l'irradiation des aliments du 19 au 25 novembre, .en ligne : www.irradiation-aliments.org Contact : Collectif français contre l'irradiation des aliments, c/o Action Consommation, 40 rue de Malte, 75011 Paris. ... Tél. : 01 48 05 86 81.Courriel : contact@ irradiation-aliments. org

L'irradiation des aliments, officiellement appelée.. «ionisation », est une méthode de conservation et de décontamination des aliments qui consiste à soumettre un aliment à un rayonnement ionisant soit par bombardement de rayons gamma ou soit par projection d'électrons. Ce rayonnement a la capacité de tuer les micro-organismes ou les insectes contenus dans l'aliment, d'inhiber la germination des plantes racines ou à bulbes (tels que les pommes de terre, oignons...), il retarde l'altération ou ralentit le mûrissement.

Mais ne nous y trompons pas.

Mais ne nous y trompons pas.

Cette technologie permet avant tout de transporter les produits alimentaires sur de longues distances et d'augmenter les durées de stockage : des enjeux stratégiques pour le commerce international et la mondialisation sans frontières.

Si le Codex Alimentarius (1) a autorisé en 2003 l'irradiation pour tous les aliments, (2) l'Union européenne n'autorise l'usage de cette technique que sur trois types d’aliments : herbes aromatiques, épices, condiments. Cependant, certains pays comme la France ont mis en place des dérogations permettant de commercialiser d'autres types d'aliments irradiés. (3)

 

Ce que suppose l'irradiation

Plusieurs études scientifiques montrent que l'irradiation entraîne une perte de vitamines importante dans les aliments. L'irradiation entraîne également la formation : d'une substance dans les aliments contenant des matières grasses, soupçonnée d'être cancérigène et mutagène. (4) L'actuelle multiplication d'unités d'irradiation des aliments (Chine, Inde, Mexique . . .) accroît les risques pour l'environnement et la sécurité des populations. L'irradiation des aliments favorisant les modes de production et de distribution industriels, son usage intensifie les dommages environnementaux qui leur sont liés : pollutions, consommation d'énergie, d'eau, atteinte à la biodiversité par la spécialisation des productions, destruction de milieux naturels. L'augmentation des transports de produits sur des longues distances contribue à la pollution, au gaspillage de carburants et au réchauffement climatique par émission de gaz à effet de serre.

La délocalisation des productions vers des pays à bas coûts représente aussi une menace pour l'emploi et l'économie 1ocaux..La spécialisation des productions dans l'agriculture conduit à l'extension de monocultures et de la culture intensive qui compromettent encore davantage la souveraineté alimentaire des peuples.

 

Trop peu de contrôles

L'étiquetage obligatoire est le seul moyen pour le consommateur de savoir si le produit est irradié ou non. (5) Cependant, le consommateur ne peut faire confiance à l'étiquetage que dans la mesure où les règles sont appliquées et contrôlées. Or la Commission européenne publie régulièrement un rapport sur les volumes et produits irradiés et commercialisés dans les pays de l'Union. Et ce dernier fait apparaître des informations alarmantes. On constate en 2005 (6) que seuls seize Etats ont déclaré avoir effectué des contrôles au niveau de la commercialisation, 4 % des échantillons en moyenne étant irradiés illégalement et/ou n'étant pas étiquetés correctement, chiffre en forte progression depuis 2001. Huit Etats membres sur les dix pays disposant d'unités d'irradiation agréées (l'Espagne et l'Italie n'ayant fourni aucun chiffre) ont déclaré avoir irradié environ 15 000 tonnes de produits alimentaires. En France, au niveau de la commercialisation, seuls 105 échantillons ont été analysés en 2006, dont 10 % étaient frauduleux. Il n'est donc possible de connaître ni la quantité exacte de denrées alimentaires irradiées, ni le volume des aliments irradiés effectivement commercialisés au sein de l'Union Européenne.

Notes

(1) Le Code alimentaire international, ou Codex A1imentarius, né au début des années soixante, a pour buts de protéger les consommateurs et de faciliter les échanges internationaux grâce à l'établissement de normes.

(2) Norme générale Codex pour les denrées alimentaires irradiées, Codex STAN 106-1983, Rev.I-2003.

(3) Oignon, ail, échalote, légumes et fruits secs, flocons et germes de céréales pour produits laitiers, farine de riz, gomme arabique, volaille, cuisses de grenouilles co~gelées, sang séché et plasma, crevettes, ovalbumine, caséine et caséinates.

(4) Burnouf D. et al., « Etude toxicologique transfrontalière destinée à évaluer le risque encouru lors de la consommation d'aliments gras ionisé »,Rapport final Interreg II, Projet N° 3.171, Karsruhe, 2002. (5) Mention légale : « Traité par ionisation» ou: «Traité par rayonnement ionisant ».

(6) Rapport sur le traitement des denrées alimentaires par ionisation pour l'année 2005 (2007/CI22/03)

L'ÉCOLOGISTE N'24 - Vol. 8 N° 4 - OCTOBRE - DECEMBRE 2007